Habacuc

- Auteur.

- Nous savons très peu de choses sur lui. Nos connaissances se limitent à :

- 1. Son nom : Habaquq signifie, "qui embrasse (ou qui est embrassé), qui étreint ou qui lutte". Jérôme dit : "Il est appelé Embrasse soit à cause de son amour pour l’Eternel, soit parce qu’il lutte avec Dieu". Cette dernière signification évoque Jacob luttant avec l’Ange, ainsi Habaquq vit un grave conflit intérieur, se débattant avec le problème de la justice de Dieu face aux injustices de ce monde. Il lutte avec son Seigneur et, comme Jacob, parvient à s’emparer des promesses divines pour retrouver la paix intérieure.

- 2. Sa qualité de prophète (1.1) ; il est le seul à être appelé ainsi parmi ceux qui nous ont laissé des écrits prophétiques. Ce nom devait donc correspondre à une fonction officielle, peut-être liée à une association de prophètes ayant un statut reconnu en Juda. Il est en tout cas prophète dans le sens défini par Jr. 23.18, 22 ; il a écouté les paroles de Dieu et les a fait connaître au peuple.

- 3. Etait-il Lévite ? La composition du psaume occupant le ch. 3 dénote une bonne connaissance des règles liturgiques du chant sacré et de la poésie hébr. Il est donc fort possible et même probable qu’Habaquq ait fait partie des Lévites affectés à la louange de l’Eternel, comme le prétend la tradition.

- 4. Son livre nous le fait connaître comme un homme de prière (3.2), un poète aux dons exceptionnels ainsi qu’un penseur préoccupé par le problème de la justification des voies de Dieu.

- Lieu.

- Habaquq a prophétisé en Juda, probablement à Jérusalem, puisqu’à son époque le royaume d’Israël avait disparu.

- Date.

- Le livre, non daté, provient évidemment de la période chaldéenne.

1. Le temple est encore debout (2.20) on y célèbre des services accompagnés de musique (3.19).

2. Cette génération (1.5, 6) a vu les Chaldéens devenir, parmi les nations, une puissance colossale (1.5, 6), et commencer à massacrer les populations (v. 6, 17). Les Hébreux connaissaient les Chaldéens depuis longtemps. Ceux-ci attirèrent à nouveau l’attention lorsqu’en 626 av. J.-C. ils réussirent à secouer le joug des Assyriens. Ils commencèrent leurs grandes conquêtes et prirent la tête des puissances mondiales lors de la chute de Ninive, en 612 av. J.-C. et grâce à leur victoire sur l’Egypte à Karkemich, en 605. Après la victoire de Neboukadnetsar sur le pharaon Néko à Karkemich en 605, on ne voit plus pourquoi les auditeurs seraient "saisis d’étonnement" en entendant parler des Chaldéens vainqueurs ni pourquoi ils ne croiraient pas à leur avance fulgurante "si on la racontait" (1.5).

- Ces deux dates 612 et 605 fixent donc des limites assez restreintes à la prophétie transcrite dans notre livre (le ministère d’Habaquq a certainement commencé bien plus tôt et a pu se poursuivre au-delà de la première déportation).

- La situation décrite dans 1.2-4 ressemble bien à celle qui se reflète dans Jr. 22.13-19 datant d’une époque où l’exil était encore une menace pesant sur Yehoyaqim. Le danger assyrien étant jugulé, la menace chaldéenne improbable, le peuple s’abandonne à sa pente naturelle : la corruption, la violence et les pratiques immorales liées aux cultes païens se donnent libre cours. Cette situation pourrait être celle des années 609-608, au début du règne de Yehoyaqim.

- But.

- Après un bref réveil de la foi sous Josias, le peuple et son roi firent de nouveau "ce qui est mal aux yeux de l’Eternel". #2Ki 23.37

"Les aristocrates rapaces, alliés aux conducteurs religieux corrompus, volaient et opprimaient sans honte le peuple de Juda" (G. Archer). Habaquq se pose la question qui a préoccupé tous les hommes pieux d’Israël (cf. Job., Ps. 37 ; 73) : pourquoi Dieu tolère-t-il la corruption (1.2-3), pourquoi reste-t-il silencieux devant le succès des méchants (1.3) ? Dieu lui répond qu’il châtiera le peuple rebelle... par les Chaldéens. Nouvelle question : Comment Dieu peut-il utiliser à ses fins une nation encore plus coupable que celle d’Israël ? Ces questions devaient tourmenter bien des "justes" en Juda. Dieu répond par le message d’Habaquq et par l’attitude de foi que ce livre bibl. reflète. Ainsi ils ne seront pas trop ébranlés lorsque l’orage babylonien déferlera sur la Palestine.

- Contenu.

- Habaquq apporte un message de jugement et de consolation.

- Jugement : la patience divine est à son terme ; l’iniquité de Juda sera châtiée par les Chaldéens. Par cet avertissement brutal, le prophète veut secouer l’inertie des habitants de la Judée et les ramener à Dieu. Consolation : Dans les temps troublés, le croyant trouve la paix en faisant confiance à Dieu, en s’appuyant sur sa bonté et son amour pour les siens, en comptant sur sa justice envers leurs adversaires-même s’il les utilise comme instruments de punition. Les Chaldéens sont rapaces (2.6-8), orgueilleux (9-11), tyranniques (12-14), vicieux (15-17) et idolâtres (18-19). Dieu le sait et il les châtiera à leur tour.

- Toutes ces leçons ne nous sont pas apportées d’une manière théorique : nous assistons aux luttes intérieures du prophète, à ses phases de doute lorsqu’il ne parvient plus à concilier les réalités historiques avec ses convictions spirituelles, lorsque sa foi aux prises avec les faits soulève une tempête de questions : "Comment un Dieu juste et saint peut-il permettre cela...? Jusques à quand, Eternel... Pourquoi...?" Lorsque nous comparons ce premier chapitre à la fin du livre, nous sommes émerveillés par la manière dont Dieu a répondu à son serviteur. La plaque tournante se trouve au centre du livre, dans cette parole qui servira de thème à trois épîtres du Nouveau Testament : "Le juste vivra par la foi" (2.4) associée à la vision du triomphe final de Dieu (2.14). On peut redire d’Habaquq ce que William Temple disait de l’auteur du Psaume 73 "Dans sa communion avec Dieu, il a découvert que rien ne compte en comparaison de cette communion".

- Ce livre nous apprend que le croyant aussi connaît des heures d’incertitude et de doute. Dieu ne le condamne pas pour autant. Il ne répond pas à toutes ses questions mais il lui donne des promesses auxquelles la foi peut s’agripper.

- Plan.

- Il se divise en 3 parties.

1. Première plainte : son cri de protestation contre la violence et la méchanceté, sans réaction de la part de Dieu (1.2-4) ; l’iniquité triomphe. La réponse du Seigneur : Dieu suscite les Chaldéens (v. 5-10) qui, coupables, seront punis à leur tour (v. 11).

2. Seconde plainte : le royaume de Dieu ne périra pas et le jugement s’abattra sur les Chaldéens (v. 12). Il y a cep. un problème moral : Dieu permet aux Chaldéens de consumer, de tuer ceux qui sont plus justes qu’eux. Cela continuera-t-il (v. 13-17) ? Réponse du Seigneur : les Chaldéens sont iniques et enflés d’orgueil ; ce fait seul, aux yeux des croyants, suffit pour annoncer leur châtiment (cf. 1.11 ; Es. 10.12-16), comme celui de tous ceux qui leur ressemblent. Le juste lui, vivra par la foi. #Hab 2.1-4

Ainsi, l’intelligence de cette vérité permet de résoudre le problème. En outre, la certitude que Dieu punira la méchanceté inspire au prophète 5 anathèmes, proférés contre l’orgueilleuse puissance de l’ennemi et visant 5 formes d’iniquité (2.5-20).

3. Prière d’actions de grâces (3.1-19) ; après une invocation et un appel à la miséricorde de Dieu malgré sa colère (v. 2), le prophète décrit l’apparition glorieuse de l’Eternel, la stupéfaction de ses ennemis (v. 3-15), puis il exprime l’assurance tranquille de la foi qui s’appuie sur le Seigneur (v. 16-19). Habaquq présente son message sous une forme unique dans la prophétie : par un dialogue avec Dieu suivi d’une prière.

- Le dialogue avec Dieu peut se résumer ainsi : Hab. : Jusques à quand Dieu tolèrera-t-il l’injustice et la violence ? (1.1-4).

Dieu : Je vais m’en occuper : je demanderai aux Chaldéens d’intervenir (1.5-11).

Hab. : Comment peux-tu utiliser un peuple encore plus corrompu que Juda pour le punir ? (1.12-17). Attente confiante de la réponse divine (2.1-4).

Dieu : Les Chaldéens seront frappés à leur tour pour leurs péchés (2.5-20).

Hab. : loue Dieu : ses oeuvres passées garantissent l’avenir. Le croyant peut se réjouir en lui.

- La critique littéraire a rudement malmené le livre d’Habaquq. Karl Marti n’en laisse subsister que 7 v., à tel point que, selon un autre critique peu conservateur, il a agi à son égard comme Dieu pour la maison du méchant (3.13) ! Les auteurs de cette tendance diffèrent d’ailleurs entre eux concernant l’unité et la date des divers ch. Cep. notons que p. ex. les termes musicaux employés ne datent pas d’après l’exil, puisqu’ils étaient déjà utilisés auparavant dans les Ps. Hab. est fréquemment cité dans le N. T., d’une façon qui souligne son importance théologique (cf. Act. 13.41 ; Hab. 1.5 ; Rom. 1.17 ; Ga. 3.11 ; Hbr. 10.38 ; Hab. 2.4). Les Juifs, comme l’Eglise chrét. ont reconnu la canonicité de ce livre.

- Ce message, apporté avec une maîtrise parfaite de la langue hébr., a réconforté les croyants, surtout aux époques troublées : le commentaire d’Habaquq trouvé à Qumrân en témoigne. Il apporte aussi la réponse de Dieu aux perplexités des croyants de notre temps.

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